La loi 78 et la grève
Même si la loi 12 (projet de loi 78) n'a pas encore été invoquée par le SPVM (la police de Montréal), le règlement municipal P-6 contient beaucoup des mêmes idées: il rend illégales les manifestations qui n'ont pas préalablement avisé la police de leur itinéraire et oblige au manifestants de se démasquer si la police le demande. Ceci implique que quasiment toutes les manifestations à Montréal sont illégales, mais le SPVM permet à la plupart de continuer sous surveillance, en se réservant la possibilité d'intervenir à n'importe quel moment: quand ça a duré trop longtemps, quand les tactiques s'intensifient ou surtout quand ils ont l'impression de pouvoir gagne.
La répression policière des manifestations étudiantes a été forte et répandue. Si tu compte assister a des manifestations — ou même en être à proximité — soit prêt-e! Le SPVM utilise régulièrement du poivre de Cayenne pour disperser les manifestations ainsi que de coups de matraque et de bouclier. Des grenades de choque sont souvent employées pour semer de la panique et encourager le monde à s'enfuir. Ne t'attends pas à ce que la police face attention à ta sécurité: des manifestants ont été gravement blessés par des éclats de grenades trop près d'eux. Ils ont aussi été blessés de manière plus intentionnelle par des munitions "moins mortelles" telles que des balles en plastique et en caoutchouc. La Sureté du Québec (SQ) s'ait servi de gaz CS et de gaz lacrymogène qui rends les gens extrêmement malade. Même des passants ont été battu-e-s et poivré-e-s.
Si tu es infirmier-e soit prêt à offrir des premiers soins. Si tu ne l'es pas, apprends quelques trucs de base et équipe toi de Maalox contre le poivre de Cayenne, un foulard pour protéger ta face, de l'eau et des sparadraps au moins.
La dispersion et la violence physique ne sont pas le deux seules tactiques que peut employer la police. Les manifestations (même des grandes) ont été cernées et arrêtées en masse. Des équipes d'arrestation ont enlevé nos camarades de l'intérieur d'une manif ou même sur la rue plusieurs jours plus tard. Soit conscient de tes environs. Tenez-vous les bras. Souviens-toi que les souricières peuvent être brisées.
Au contraire de la propagande policière, les manifestant-e-s pacifiques se font blesser. De même avec des personnes simplement assises sur un terrasse fréquentée par des étudiants. Les cameras de médias sont encouragées à quitter les souricières avant que les arrestations commencent. La violence policière que nous vivons n'est pas une réponse mesurée à certaines tactiques dangereuses mais un essai d'écraser tout-e-s ceux et celles qui osent résister et de terroriser ceux et celles qui pourraient penser à le faire au futur.
Notre solidarité est la seule chose qui nous protège. En agissant ensemble, les manifestant-e-s aux actions contre le Plan Nord colonial et néoliberal de Charest ont su faire fuir la police. En mai, quand la police a cerné des centaines de personnes sans cause et a commencé des arrestations ciblées, la barrière crée par les bras liés de la foule les a obligés à abandonner.
Finalement, la répression ne finit pas quand tu quittes la manifestation. Fait attention et gardes un œil sur tes camarades. Tu pourrait être suivi. Tu pourrait être profilé à cause de ton carré rouge. Connait tes droits, mais saches aussi que cela ne sera pas toujours assez pour te protéger. Gardes le numéro d'un avocat sur toi en tous temps.
Certaines vidéos de tactiques policières se trouvent ici: http://www.youtube.com/playlist?list=PLFA98BBF453C1C36C&feature=mh_lolz
Pour les voyageurs en car:
Si vous comptez venir à Montréal dans un bus loué, vous devriez être prêts à prendre certaines précautions. Les forces de la police au Québec, y compris le SPVM et la SQ, ont déjà ciblé des cars allant vers ou quittant des manifestations pour les fouiller, détenir, et même – dans certains cas – les arrêter en masse.
Soyez prêts à ce que les busses arrivant à Montréal soit hautement surveillés avant le 13 août. La police pourrait tenter d'arrêter votre car, d'y monter, et d'y faire une fouille. Ne consentez à aucune fouille – si vous y consentez, la fouille devient légale. Sans votre consentement, la police ne peut pas fouiller votre véhicule sans avoir une raison probable de croire qu'il s'y trouve de la drogue, de l'alcool ou des évidences liées à la commission d'un crime. Soyez prêts à répondre à une fouille illégale et coércée.
La police à aussi suivi des cars qui quittaient des manifestations pour les arrêter, les fouiller et pour détenir et interroger les passagers. Dans au moins un cas durant la grève, la police à fait une arrestation en masse de tout le monde sur un car revenant d'une manifestation. Le risque d'une telle action est bien plus haut suivant des émeutes ou des manifestations dans lesquelles les manifestant-e-s se sont défendu-e-s contre la violence de la police. Vous voulez peut-être songer à rentrer par un autre moyen de transport. Si vous devez rentrer en bus, assurez-vous qu'il ne contient rien qui pourrait être lié à des actions illégales dans la manif, et dont la police pourrait se servir pour justifier une arrestation en masse. Essayez d'éviter de quitter immédiatement après une manifestation, ou du site même d'une manifestation, ce qui pourrait rendre plus facile pour la police de vous suivre.
Pour les utilisateurs de transports en commun:
Pendant que tu es à Montréal tu te servira probablement du réseaux de bus et de métro de la ville pour te déplacer. À d'autres moments critiques de la grève, la police de Montréal a eu une lourde présence dans le métro. Par exemple le jour du Grand prix, quand il y avait un appel à une manifestation sur l'ile où la course avait lieu, la police a fouillé et détenu de manière illégale des centaines de personnes dans le métro parce qu'elles portaient un carré rouge, avait l'air d'un étudiant ou d'une militante ou parce qu'elles n'avaient pas de billet pour la course. Les détenu-e-s étaient escorté-e-s à la surface de force.
Soit prêt pour des tactiques semblables pendant la convergence. La police pourrait se concentrer sur les stations de métro les plus proches des cégeps à bloquer. Si tu portes un carré rouge ou es considéré ressembler à un-e militant-e étudiant-e tu pourrais être profilé-e et détenu-e ou fouillé-e. La police pourrait demander de voir ta carte d'étudiant-e de cégep. Tu n'es pas obligé-e de la montrer, même si tu en a une. Connais tes droits par rapport aux fouilles de la police. Ne te promènes jamais seul-e. Certains blocages de cégeps pourraient commencer aussi tôt que 6h00, donc tu pourrait être en train de voyager dans un métro assez vide et ton groupe pourrait être d'autant plus visible. Penses à quitter le métro une station trop tôt et de marcher en petit groupe depuis là. Les stations près de centres de mobilisation étudiante — notamment Guy-Concordia et Berri-UQÀM — ont des chances d'être particulièrement surveillées, donc penses à monter dans le métro autre part. Penses à la possibilité de voyager par bus et d'éviter entièrement le métro.
Si tu es ici pour la convergence, la police ne va ni te protéger ni protéger les droits que tu as soit-disant dans cette société. Ce n'est pas pour ça qu'ils se font payer. Ils se font payer pour détruire le pouvoir de notre mouvement. Rendons-leur la job aussi difficile que possible!